« Qu’est-ce que tu préfères, mes seins ou la pointe de mes seins ? »

Tu vois mes pieds dans la glace ? …..Oui
Tu les trouves jolis ? – Oui, très !
– Et mes chevilles, tu les aimes ? – Oui …..
Tu les aimes mes genoux aussi ?
-Oui, j’aime beaucoup tes genoux
– Et mes cuisses ? – Aussi !
– Tu vois mon derrière dans la glace ? – Oui
Tu les trouves jolies mes fesses ? – Oui, très ! –
Je me mets à genoux ? – Non, ça va ..
Et mes seins tu les aimes ? – Oui, énormément !

– Doucement, pas si fort ! – Pardon ! –
Qu’est ce que tu préfères mes seins
ou la pointe de mes seins – Je sais pas ; c’est pareil
– Et mes épaules tu les aimes ? – Oui – Je trouve qu’elles sont pas assez rondes – Et mes bras ? Et mon visage ? – Aussi ! – Tout ?
Ma bouche, mes yeux, mon nez, mes oreilles ?
– Oui, tout ! – Donc tu m’aimes totalement
– Oui, je t’aime totalement, tendrement, tragiquement
– Moi aussi Paul ! 

 

Le Mépris est un film franco-italien réalisé par Jean-Luc Godard (1963) D’après Alberto Moravia. Image : Raoul Coutard. Musique : Georges Delerue. . Avec Brigitte Bardot : Camille. Michel Piccoli : Paul. Jack Palance : Prokosch. Fritz Lang : lui-même.
Le scénariste parisien Paul Javal et son épouse Camille rejoignent le réalisateur Fritz Lang en tournage pour le compte du producteur de cinéma américain Jeremy Prokosch, sur le plateau du film Ulysse (une adaptation de l’Odyssée) en chantier à la villa Malaparte à Capri en Italie.

Il est proposé à Paul Javal de reprendre et de terminer le scénario du film. Camille n’est pas très heureuse de ce long voyage de travail impromptu, loin de chez elle, parmi des inconnus. Durant le séjour, Paul Javal laisse le riche et séduisant producteur seul avec Camille, alors qu’elle, intimidée, insiste pour demeurer auprès de Paul. À tort, Camille s’imagine que son mari la pousse dans le lit du producteur pour obtenir le travail de réécriture du scénario. De là naissent des malentendus, le mépris, et leur couple vole en éclats.

Quelques marches au dessus du réel, jouent ces soldats disciplinés à faire du cinema. Chacun à sa place autour de l’arme absolu,  La Caméra.

 

« Silenzio ! » : le dernier mot du film prononcé en italien par Godard – qui joue l’assistant du réalisateur incarné par le grand Fritz Lang – a été repris par David Lynch dans une scène fameuse de son Mullholland Drive. La conclusion culte a même donné son nom au bar parisien qu’il parraine.
La maison dans laquelle se déroule l’action se trouve sur l’ile de Capri, 32 mètres en surplomb du golfe de Salerne. Elle a été construite en 1937 par l’écrivain Malaparte et a vu passer Winston Churchill et le Maréchal Rommel. Archi spectaculaire, son architecture en briques rouges fait accéder à un toit terrasse par un escalier de 32 marches.

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